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Apprendre : aide-toi ton cerveau t’aidera

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GF_2015_04_30_apprendre

Avez-vous essayé d’apprendre quelque chose comme une langue étrangère, la danse ou apprendre à conduire ? Vous vous être rendu compte que les débuts sont souvent difficiles voire même parfois très difficiles. Sachez que c’est tout à fait normal. La clé est de persévérer. Votre cerveau vous aidera à ce l’apprentissage, peu à peu, devienne facile.

Le cerveau se modifie

Le cerveau n’est pas immuable ni programmé à vie ou uniquement voué à s’atrophier. Il est doté au contraire d’une grande plasticité et évolue constamment en fonction des expériences que l’on vit. Dans certaines conditions, de nouvelles cellules peuvent même apparaître à n’importe quel âge.

On entend souvent expliquer que ce sont les gènes qui déterminent le comportement, ce qui pourrait laisser craindre que toute évolution soit impossible. En réalité, les gènes se contentent de structurer les potentialités et les points faibles de la personnalité, ils ne dictent pas les pensées, ni les sentiments, ni le comportement. On peut les activer ou les désactiver à volonté en changeant son comportement et son environnement.

Et ce faisant, le cerveau se modifie.
Le vieux débat entre inné et acquis, nature et culture, a fait place à un nouveau modèle : la nature cultivée. De même que les concepts de nature et de culture sont trop souvent mis à tort en opposition, l’esprit et le cerveau ont aussi été considérés comme des entités séparées. Or, ce ne sont que les deux faces d’une même médaille. Tout changement d’état d’esprit amène un changement dans le cerveau, et réciproquement.

Apprendre quelque chose de nouveau recâble le cerveau

On peut entretenir le cerveau en développant ses potentialités et en minimisant ses vulnérabilités. En d’autres termes, on peut modifier sa biologie par ses actions et ses pensées, à f intérieur bien sûr des potentialités limitées de notre espèce.

On ne peut pas vivre 200 ans ou voler comme un oiseau, en revanche on peut vivre potentiellement au-delà de l’espérance de vie moyenne en optimisant sa santé pendant toute sa vie. Et on peut conserver son cerveau aiguisé jusqu’à un âge avancé.
Apprendre quelque chose de nouveau recâble le cerveau en créant et renforçant des connexions synaptiques. Par exemple, si on pense à un beau paysage, comme un village dans les Cinque Terre en Italie, on construit de nouvelles connexions synaptiques entre des groupes de neurones qui enregistrent f image dans la mémoire. Chaque fois qu’on se souvient de cette image, on la renforce.

La théorie de Hebb, « des neurones activés en même temps sont des neurones qui se lient ensemble », explique comment le cerveau se recâble quand f individu apprend quelque chose. Plus on pratique l’espagnol, par exemple, et plus un grand nombre de neurones « se déclenchent » et se lient ensemble quand on améliore son vocabulaire et sa prononciation. Et plus il est probable que ces neurones vont ((se déclencher » à l’avenir avec de moins en moins d’efforts.

Que se passe-t-il quand on arrête de pratiquer l’espagnol ?

L’adage « soit on s’en sert, soit on le perd » s’applique là encore et implique que les connexions synaptiques s’affaiblissent, de la même manière que les muscles s’atrophient quand on arrête de faire du sport.
La pente de la courbe d’apprentissage est toujours plus abrupte au début. Apprendre l’espagnol est plus difficile au commencement parce que, excusez-moi le jeu de mots, on est en territoire complètement étranger. Quand on se familiarise avec les intonations, le vocabulaire et la grammaire, on construit une infrastructure de réseau synaptique qui soutient le savoir.

C’est pourquoi je dis souvent qu’apprendre une nouvelle compétence oblige à « faire ce que l’on n’a pas envie de faire ». Il suffit de se souvenir de l’époque des disques vinyles : si celui qu’on écoutait était rayé, il fallait se lever du canapé pour aller déplacer la pointe de lecture afin de passer l’endroit de la rayure.

Apprendre une nouvelle compétence est comme créer un nouveau sillon ou rouler sur une route très enneigée dans les traces d’une autre voiture. Pour faire ses propres traces et se diriger où on veut, il faut forcer sur le volant ; en y repassant parla suite, il sera plus facile de suivre les nouvelles traces.
Ainsi fonctionne le recâblage : sortir des anciennes habitudes et se créer un chemin nouveau et plus positif, Et plus on l’emprunte, plus il est facile de le retrouver.

Quand les neurones « se déclenchent » ensemble, ils le font de plus en plus rapidement et cette amélioration permet plus de précision dans le nombre de neurones nécessaires pour pratiquer une compétence spécifique. Par exemple, quand on apprend à skier, on utilise au début beaucoup de muscles et de neurones.

Quand on s’améliore, les efforts musculaires et le nombre de neurones nécessaires diminue.
On ne peut pas se dire : «J’ai des diplômes universitaires, donc j’ai toute la réserve cognitive dont j’ai besoin ». Il faut continuer à apprendre pour la garder disponible. Souvenez-vous du cas des jongleurs. Ou, pour employer une autre analogie, un jardin doit être continuellement entretenu en travaillant le sol, en arrachant les mauvaises herbes et en arrosant, sinon il va se transformer en friche.

Quand on s’améliore, les efforts musculaires et le nombre de neurones nécessaires diminue. On ne peut pas se dire : «J’ai des diplômes universitaires, donc j’ai toute la réserve cognitive dont j’ai besoin ». Il faut continuer à apprendre pour la garder disponible. Souvenez-vous du cas des jongleurs. Ou, pour employer une autre analogie, un jardin doit être continuellement entretenu en travaillant le sol, en arrachant les mauvaises herbes et en arrosant, sinon il va se transformer en friche.

Recâbler le cerveau (neuroplasticité)

Recâbler le cerveau (neuroplasticité) et provoquer la naissance de nouveaux neurones (neurogenèse) reste possible tout au long de la vie, si l’on fait ce qu’il faut :

– La neuroplasticité et l’apprentissage sont les deux faces d’une même médaille.

– La neuroplasticité fonctionne avec un léger degré d’inconfort

– il faut se remettre en question.

– On peut produire de nouveaux neurones dans l’hippocampe et le cortex préfrontal toute sa vie.

– L’exercice aérobie (qui sollicite et améliore la consommation d’oxygène par l’organisme) est l’un des meilleurs moyens de développer le facteur neurotrophique dérivé du cerveau.

 

Dossier et texte: Dr John ARDEN

Le docteur John Arden est l’un des meilleurs spécialistes mondiaux en neurosciences. Il est directeur du programme de stimulation cérébrale des centres médicaux Kaiser Permanente. Il y exerce aussi en parallèle en tant que psychologue. Il a écrit plusieurs ouvrages, dont le best-seller Améliorer sa mémoire pour les Nuls aux éditions First.


 

Pour voir le livre: Cliquez ici

 


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